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Liste des productions sous l'EH
Liste des articles de la bibilothèque en ligne
Liste des documents vidéos
(4) Les seigneurs d'Angoulins par Jean-Claude Bonnin
(5) Contribution à une glyptographie angoulinoise : planches des graffiti relevés sur le site du fortin de la Motte Grenet par Denis Briand
(7) Contribution à une glyptographie angoulinoise : quelques graffiti relevés sous le Pont de la Pierre par Denis Briand
(9) Contribution à une glyptographie angoulinoise : les graffiti relevés par Luc Bucherie et présents dans sa bibliographie par Denis Briand
(10) La pêche à Angoulins en 1727 : publication du procès-verbal de l'inspecteur des pêches par Denis Briand et Denis Lieppe
(16) L'établissement rural des Ormeaux à Angoulins/mer (Ve s. - Ier. av. J.-C.) par Patrick Maguer (INRAP)
(18) La nécropole gallo-romaine des Sables à Châtelaillon par Denis Briand
(21) Notes et schéma synoptique pour tenter de servir à la localisation du Castrum Allionis par Denis Briand
(38) L'attaque de trois brigantins à la pointe du Chay par Denis Briand
(40) Essai d'identification d'un graffito de navire historiant probablement la présence navale anglaise par Denis Briand
(42) Transcription d'une affaire de vol à Lileau par Denis Briand
(46) Une navette à filet gallo-romaine trouvée à La Manon par Denis Briand et illustré par Michaël Brunet
(47) Deux éléments d'un harnachement de cheval gallo-romain trouvés à La Manon par Denis Briand et Michaël Brunet
(51) Fonds Pierre Clion : la chapelle du Château de Châtelaillon par Denis Briand
(57) Le testament d'Elie Louis Seignette par Denis Briand
(58) Les Gabaret : trois générations d’officiers de la marine de Louis XIII à Louis XIV par Roberto Barazzutti
(60) L'inventaire des meubles et ornements appartenant à la fabrique d'Angoulins (1691) par Denis Briand
(Bibilo 1) La disette de 1812 (par Jean Joguet)
(Biblio 2) Les frères Charpentier, fondeurs de cloches (par Jean Joguet)
(Biblio 3) Une église disparue : Saint-Nazaire d'Angoulins (par Jean Joguet)
(Biblio 4) Le four banal (par Jean Joguet)
(Bibilo 5) A propos des bourgnes d'Angoulins (par Jean Joguet)
(Biblio 6) Echos du bon vieux temps (par Jean Joguet)
(Biblio 7) Notaires du XVIe siècle (par Jean Joguet)
(Biblio 8) Les seigneurs d'Angoulins et de Jousseran (5 articles de Jean Joguet)
(Biblio 9) Le mariage du meunier (par Jean Joguet)
(Biblio 10) Il y a 400 ans (par Jean Joguet)
(Biblio 11) Les gardes côtes d'Angoulins par Jean Joguet
(Biblio 12) L'engagement d'Elie Froget (par Jean Joguet)
(Biblio 13) Le contrat de mariage d'un laboureur (par Jean Joguet)
(Biblio 14) La cloche de Saint-Jehan de Chatelaillon (deux articles de Jean Joguet)
(Biblio 15) Les élections municipales de 1831 (par Jean Joguet)
(Bibilo 16) Avec le 114e congrès archéologique de France (par Jean Joguet)
(Biblio 17) En 1247, on se plaignait déjà des fonctionnaires (par Jean Joguet)
(Biblio 18) Le protestantisme à Angoulins (par Jean Joguet)
(Biblio 19) Le testament d'une belle inconnue (par Jean Joguet)
(Biblio 20) Les gardes-côtes en 1736 (par Jean Joguet)
(Biblio 21) Les gardes-côtes en 1696 (par Jean Joguet)
(Biblio 22) Le banc seigneurial (par Jean Joguet)
(Biblio 23) Les chapelles de Saint-Jean-du-Sable et de Sainte-Catherine-les Moulins-Neufs
(Biblio 24) Angoulins en 1757 (par Jean Joguet)
(Biblio 25) Notaires du XVIe siècle (par Jean Joguet)
(Biblio 26) La chapelle Ste Radegonde (par Jean Joguet)
(Biblio 27) Les cahiers de doléances d'Angoulins (Jean Joguet)
(Biblio 28) Les Tourettes (par Jean Joguet)
(Biblio 29) Jean Levesque (par Jean Joguet)
(Biblio 30) La Guerre de Sept-ans sur les côtes d'Aunis et de Bretagne par le baron CHAUDRUC DE CRAZANNES
(Vidéo 1) L'établissement rural des Ormeaux (par P. Maguer et G. Landreau)
(Vidéo 2) La céramique commune gallo-romaine à Angoulins (clip)
(Vidéo 3) La pêche aux huîtres (clip)
(Vidéo 4) Les salines (clip)
(Reportage 1) Les découvertes gallo-romaines à Loiron (épisodes I et II)
(Reportage 2) Interview de G. Durand
(Reportage 3) Rallye patrimoine 2008
(Exposition) L'archéologie à Angoulins et Châtelaillon
(Biblio 31) Notices parues dans le Patrimoine des Communes de France
(Reportage 2) Interview de G. Durand
Dans le domaine de l'archéologie régionale, on ne présente plus Georges Durand. Prospecteur infatigable, on lui doit en particulier d'innombrables découvertes de sites.  Respecté par ses pairs pour son érudition et sa bonne humeur, Georges nous fait le plaisir et l'honneur de répondre à quelques questions à propos du secteur archéologique qui frange le littoral sud angoulinois.

-Georges DURAND, il y a plusieurs années, en tant qu'assidu prospecteur de nos campagnes, je crois que vous aviez déjà eu connaissance d'indices de site à Loiron-La Manon. Pouvez nous nous rappeler la nature et les conditions de la recherche à l'époque ?

Le site de La Manon était connu depuis longtemps. Si ma mémoire est encore correcte, vers 1850 son existence avait été signalée. J’en avais entendu parler, comme tout amateur d’archéologie à l’époque par des observations régulières menées, surtout par les responsables de la société de géographie de Rochefort (plus vieille société de France), messieurs GABET, DAVID et FAVRE qui n’hésitaient pas à se déplacer sur nos sites, car personne de la région de La Rochelle n’osait s’aventurer officiellement sur le terrain, ne sachant souvent pas à qui s’adresser en cas de découverte. Grâce à nos amis rochefortais, j’ai pris connaissance que des tombes se trouvaient dans cette zone, ainsi qu’une imposante installation gallo-romaine. Je signale que ce sont eux qui m’ont réellement orienté sur les bonnes institutions pour avoir les meilleurs contacts, en particulier une personne que j’ai toujours considéré comme un maître, Camille GABET.

-Quand on sait qu'à l'époque on croyait encore que les romains n'avaient pas eu d'influence sur le littoral de l'Aunis, vos constatations ont du recevoir un accueil assez particulier ?

Pour comprendre les années 1970 , il faut faire un résumé de l’histoire de l’archéologie locale. Celle-ci, tracée depuis longtemps et inamovible récitait encore et toujours la fable de la non installation des envahisseurs romains et autres collaborateurs gaulois romanisés dans notre région. Il y avait les remarquables observations de MUSSET, hélas bien imprécises parfois, qui avait crée une véritable section de chercheurs sur une grande partie de la région, mais qui sont restées lettres mortes. D’après les auteurs anciens jamais remis en question, la non venue des "envahisseurs" étant due à des marais putrides et invivables ainsi que nombres autres calembredaines de ce genre.

Pour oser s’atteler à la tâche qui était de porter la contradiction à cet état de fait, devenu dogme, il fallait ne pas être originaire d’ici, ne pas être endoctrine si je puis m’exprimer ainsi, avoir un œil neuf, et être plus entêté qu’un bon troupeau de mules!

Il suffisait de se demander tout simplement "pourquoi" la période romaine n’était pas représentée dans nos contrées, et n’obtenant pas de réponse logique, faire exactement le contraire des habitudes locales en allant enfin faire seul le plus souvent des prospections pédestres générales en Aunis. Je me souviens avec délices, avoir reçu un accueil amusé, avec des regards de commisération lorsque j’avais osé déclarer en réunion de la première société que j’ai fréquenté, que je portais de l’intérêt à la présence romaine en Aunis. Un peu vexé, avoir cherché avec acharnement dès le lendemain et quelques jours après, avoir ramené les premiers vestiges gallo-romains, aux mêmes personnes totalement sidérées..  

Nous étions bien peu au tout début. Seuls quelques volontaires cherchaient : Notre cher ami, l’Abbé METAYER, dans sa région de Sainte Soulle, Bourgneuf, Usseau, le père COUTANT avait également essayé, mais il était trop occupé par ses recherches en archives, Jean GUILLEMENT vers Charron, Frédéric BOUIN vers Courçon, Mauzé, puis d’une manière plus élargie, Bruno TEXIER, Gil ARQUE, Marie-Christine de TAILLAC, Maurice LAVERGNE, Pierre-Philippe ROBERT qui ont poursuivi les recherches lors des années suivantes, jusqu’à maintenant pour certains d’entre eux. Bien d’autres suivront plus tard, Michel ENET sur Puyrolland, Landes , Claude BARITEAU sur St pierre d’Amilly, et vous-même cher Denis pour le secteur d’Angoulins que j’avais eu le bonheur de prospecter avec Mademoiselle Diane JOY, en son temps.

Ces années dont j’ai un souvenir ému, avec le recul, ont été vraiment très généreuses en trouvailles remarquables, qui ont beaucoup marqué les esprits. Certaines ont totalement révolutionné notre regard sur l’antiquité gallo-romaine de l’Aunis, tels les fouilles des Groies à Nieul sur mer, du champ du bois à Charron, les Quatrefages à La Rochelle, la rue Jean Bart à l’Houmeau qui ont permis, sur un plan national voire plus, de tirer de nouvelles conclusions sur la composition chimique grâce aux analyses sur les bijoux antiques trouvés sur place entre deux citernes gallo-romaines.

Pour le moyen-âge, qui était bien étudié, monsieur l’abbé METAYER de son côté initiait les élèves de Fènelon sur les longs et grands chantiers médiévaux des châteaux érigés par Pierre Bertin dans les forêts aux abords de Sainte Soulle, qui hélas n’ont pas pu être menés à terme. Monsieur Jean FLOURET faisait de même à la crypte des Jésuites à La Rochelle, Luoc BUCHERIE et François MENENTEAU de leur côté essayaient de comprendre l’aqueduc du trépied du plomb à l’Houmeau, fouilles que nous reprendrons ultérieurement, enfin des fouilles étaient menées sur l’abbaye des Châteliers dans l’île de Ré. Ensuite de très nombreuses interventions suivront sur Saint Vivien avec Eric NORMAND, Bourgneuf , La Rochelle , Sainte Soulle (Laurent PRISMICKY), Pèrigny….. Bref le quotidien de toute association qui se targue de servir l’archéologie.

-Depuis l'abbé Mongis au XIXe siècle, et avec messieurs Gabet et David vous avez donc contribué à documenter cette zone. Quel est votre sentiment sur le lotissement de cette partie sensible de la côte ? Et à cet égard nourrissez vous quelques regrets ?

J’ai des sentiments divers concernant la destruction de l’installation gallo-romaine de la Manon. Toute construction en bord de mer, pour mon avis personnel aurait du, et devrait être totalement prohibée. Etant moi-même natif d’un ville côtière très touristique et "constructible" du moins à l’époque, j’ai assisté atterré à l’anéantissement de certains quartier arcachonnais tel le boulevard de l’océan que l’on aurait du classer en entier à l’inventaire, rien que pour l’esprit qui se dégageait de ces maisons fantastiques qui appartenaient à des familles célèbres PONIATOWSKY, ROSINGARD, MEUNIER, Tout a été rasé pour faire place à des immeubles de bien meilleur rapport évidemment. Il a suffit de deux ou trois opérations de ce genre, pour me dégoûter de retourner dans mon pays natal! Quand je pense que l’on veut mettre un hôtel à la place du monument des péris en mer, pour lequel mes parents ont cotisé comme tous les Pirelons du quartier Saint Ferdinand, cela me met dans une colère noire. Décidément , ces hôtels sur les ports deviennent une manie…

Pour la Manon, il y a eu des circonstances qui m’ont pris au dépourvu. La protection théorique des lieux, qui avait été apportée par les diverses déclarations auprès des services archéologiques les années précédentes, me semblait effective, et je ne m’étais pas inquiété ainsi que mes collègues amateurs ou professionnels, d’une éventuelle mise en lotissement de cette belle zone côtière.

Or un soir, je suis passé dans ce secteur que je n’ai pas reconnu. Il était complètement bouleversé, et les maisons étaient en train de monter comme des champignons. J’ai pu ramasser quelques tessons de poteries, un fragment de corbeau, mais le cœur n’y était vraiment pas, et je suis rentré chez moi passablement secoué par ce que je venais de voir.

Cette destruction s’est avéré être pour moi amateur acharné quelque chose d’anormal voire de choquant car tout simplement dans mon esprit, cela n’aurait pas du se faire, sans une vérification si minime soit-elle. Bien sûr les regrets légitimes sont toujours présents quand un tel cas se produit, mais l’expérience m’a montré que cela arrivait heureusement de moins en moins par l’action des prospecteurs qui découvrent, déclarent et surtout suivent leurs sites avec une assiduité absolument totale et celle des responsables qui font un énorme travail de classement en édifiant la carte archéologique, et sont de plus en plus présents sur les opérations les plus sensibles. Pour comprendre notre état d’esprit, il suffit de penser simplement que le terme amateur veut dire qui a du goût pour…Parfois ce n’est plus de la passion, mais de l’entêtement .

-Mais à vrai dire, ce secteur jugé sensible n'a pourtant livré jusqu'alors aucune structure précise. Quel était votre sentiment précis sur l'intérêt de la zone avant le suivi de Loiron ? Et d'ailleurs étiez-vous convaincu de son intérêt ?

Pour bien situer mon point de vue sur mon "travail", si on peut employer ce terme, qui consiste à chercher encore et toujours, de sites nouveaux.

Dès que le prospecteur que je suis, apprends par exemple que messieurs GABET et DAVID ont prospecté un site à Loiron-La Manon d’Angoulins sur mer, et l’ont signalé à la D.R.A.C à Poitiers, il s’avère que ce site, dorénavant, et logiquement à mes yeux, ne m’intéresse plus! J’exagère bien sûr, mais c’est pratiquement ce que j’ai toujours mis en pratique. Contrairement à ce qui se passe à notre époque, où tout le monde craint tout le monde, je fais une confiance totale à ces deux personnes, hélas disparues, ainsi qu’à tous mes collègues archéologues prospecteurs. Je n’ai plus a perdre de temps pour découvrir ce site déjà repéré. Je vais donc repartir à la recherche d’autres sites non connus, ni déclarés. Dans la réalité, Il est évident que je prendrai contact avec mes amis archéologues, pour étudier leurs trouvailles s’il y a du mobilier. j’irai également voir l‘emplacement de leur site, mais cela s’arrêtera là.

Pour répondre à cette question concernant précisément Loiron, j’étais persuadé que quelque chose d’important avait été détruit, et je vais le développer lors de la réponse suivante.

-Le chantier de Loiron fut en quelque sorte la première occasion d'avoir un regard archéologique sérieux sur ce secteur. Lors du premier coup de pelleteuse sur la parcelle de Loiron quelles étaient vos attentes ?

Lorsque vous m’avez invité à venir travailler sur une fouille acceptée par un propriétaire particulier, j’avoue avoir été très sceptique. Cela n’est arrivé que très rarement, et c’est dommage, car c’est souvent lors de cas semblables que de belles découvertes ont été effectuées.

Je vais revenir sur l’anecdote des bijoux antiques de l’Houmeau, découverts par Melle Marie-Christine de TAILLAC et moi-même dans des conditions similaires chez un ami qui avait accordé une autorisation de fouilles, confirmée par la D.R.A.C de Poitiers, M. ANDRE. Ces bijoux étudiés par la spécialiste de la chimie de l’orfèvrerie antique, Mme Catherine METZER à Paris, ont révolutionné en partie les vues que l’on avait à l’époque sur leur composition chimique, car c’est la première fois que l’on y a détecté du Cadmium, ce qui a été une trouvaille importante découlant d’une fouille menée par de simples amateurs. Il en a été de même avec la superbe Tête sur socle de Charron, le Dieu-tête à trois langues, des Groies de Nieul sur mer, le superbe dessus d’encrier damasquiné de Charron….

Pour en revenir à cette fouille projetée sur le site de Loiron-La Manon, je vous avais annoncé immédiatement que l’on allait à mon sens vers quelque chose d’exceptionnel. Cette déclaration faisait suite à une réflexion qui s’est faite sur un très long temps. L’emplacement est magnifique, un des plus beau de la région, la côte est devant et derrière, ce qui est peu banal . Je ne vois peut être que les villas viticoles de la pointe des Minimes et celle des Quatrefages au fond du ria de la plaine de jeux actuelle, pour égaler la beauté des lieux à l’époque.

Le corbeau (élément d’architecture servant à soutenir des poutres) est une chose tellement rare dans les villas de l’Aunis que nous n’en avons trouvé nulle part ni en prospection, ni en fouilles. Les tessons de poteries étaient de fort belles qualités autant qu’ il m’en souvienne. Tout cela a fait que dans ma tête, petit à petit, s’est formé à tort ou à raison, l’image d’une installation probablement remarquable. Cela, seul l’avenir nous le confirmera définitivement, mais pour le moment j’opte toujours pour ce point de vue. D’ailleurs les trouvailles effectuées ensemble semblent bien aller dans le droit fil de ces déductions.

- Ainsi, nous l'avons bien compris, les découvertes effectuées récemment sonnent comme une confirmation des doutes que vous nourrissez depuis des années sur cette zone. Mais quel a été précisément votre sentiment lors des premières mises au jour de Loiron ?

La mise au jour de l’alignement de grandes dalles en pierre de POSSAC, le fragment de colonne ainsi que quelques jolis objets, poids en marbre biseauté, beau fragment de poterie métallescente ont confirmé tout le bien que l’on pensait de ce site. Les apports spontanés de monnaies ou de vestiges de certains voisins du site, ainsi que la mise au jour du fond de bassin, d’une grande épaisseur ajoutent encore à l’impression de qualité de la construction de ces lieux.

-Le suivi de Loiron, en révélant des structures en place, apporte de premiers éléments de compréhension sur un site archéologique. Mais justement quel est selon vous l'importance et la nature de celui-ci ?

Pour l’instant il est difficile d’avoir une réponse précise. Un bassin tel que celui de la propriété où nous travaillons, peut avoir servi à de très nombreux usages. Réserve de sable, argile, voire de coquillages pilés en vue d’une installation de poterie. D’eau douce, ou de mer, de stockage de mollusques (Huîtres, ormeaux, ou autre) comme dans une claire, ou même en préparation, de poissons, de garum (sauce particulière rappelant le nuoc nam) en cas de salaisons, de vin en cas de viticulture.

L’emplacement où nous nous trouvons est tel, qu’il peut entraîner des conclusions pour plusieurs usages très différents, mais la viticulture peut-être envisager à égalité avec la salaison. Seules des fouilles approfondies et une étude chimique des mortiers et des enduits, pourraient apporter une solution définitive.

- Parmi les observations effectuées, un détail a-t-il particulièrement retenu votre intérêt ?

L’étonnement est venu, car j’estimai que nous avions à Loiron une datation plus ancienne, de l’homogénéité des périodes attribuées aux objets découverts tous datables du milieu du second siècle ou du troisième. Siècles où souvent la qualité de toutes les fabrications était en général un peu plus faible qu’auparavant, ce qui n’est absolument pas le cas dans notre site. Cela prouve bien que l’intérêt d’une pareille intervention était justifié, et que notre cher propriétaire a eu la main particulièrement heureuse en nous invitant si gentiment.

En considération de votre grande expérience du terrain, quel intérêt doit-on accorder aux découvertes récentes d'Angoulins ? De plus faudrait-il aller plus avant dans l'entreprise de connaissance de ce secteur ? Et si oui comment y parvenir concrètement ?

La réponse ci-dessus vaut pour cette question dans sa première partie. Oui, je le répète, l’intérêt de cette intervention est indéniable, mais de quelle façon allons-nous poursuivre cet effort de recherche ?

Maintenant, seule la collaboration avec les propriétaires des autres parcelles, et une confiance totale réciproque devront être de mise pour la suite de ces recherches.

Nous avons montré régulièrement que des objets qui nous avaient été confiés, ont été étudiés, analysés, dessinés, photographiés, puis après avoir fait l’objet d’un rapport précis au Service de l’Archéologie de Poitiers, rendus, avec une copie du dit rapport à leurs légitimes propriétaires. Ce fut le cas par exemple pour une magnifique hache polie découverte à Salles sur mer, ou des coupes à onguent sigillées gallo-romaines, intactes découvertes par une pelleteuse dans les vases du marais de l’Ouaille à Nieul sur mer, et bien d’autres cas encore, comme des monnaies ou une amphore à huile Il n’est pas de l’intérêt des archéologues, amateurs de surcroît, de garder par-devers eux des objets prêtés par des personnes qui ont une confiance aveugle en nous.

- D'un point de vue plus personnel, nous avons observé que votre enthousiasme ne s'est jamais démenti lors de ce suivi. Votre passion semble toujours intacte. Que vous apporte ce genre d'intervention ?

L’apport de ce genre d’intervention ressemble est difficilement explicable. Dans le fond, lors de mon activité j’ai eu rarement le plaisir de fouiller un même site longtemps. Cela est du à ma position de prospecteur, de secrétaire-adjoint d’Archéaunis, et à un rôle de plus en plus important de public-relation. Actuellement mon rôle est d’essayer par tous les moyens de mettre en relation des personnes extraordinaires qui sont dans la zone rochelaise, pour faire progresser l’archéologie avec les plus belles possibilités techniques ou humaines.

Nous sommes de plus en plus épaulés par des personnes de la Faculté, qui se proposent pour des opérations que nous n’aurions jamais pensé pouvoir un jour effectuer, et qui sont pratiquement, grâce à elles, à portée de la main, avec un matériel absolument fantastique.


Il y a des résultats magnifiques en travail de prospection par les équipes de nos amis Vivien MATHE et François LEVEQUE, en analyses par madame Céline REMAZEILLES, ou Jean-Claude MERCIER. Il en est de même avec certains historiens, tels Jean-Claude BONNIN et un certain Denis BRIAND, qui commencent à mêler leurs travaux sans aucun calcul, aux nôtres, apportant la preuve d’une évidente complémentarité de nos deux disciplines…  Alors que par le passé, ce ne fut certainement pas toujours le cas. C‘est d‘ailleurs pourquoi personne où très peu de personnes sont au courant de nos découvertes, du moins des miennes, mon seul interlocuteur valable restant le Service Régional de l’Archéologie, et les responsables de chantiers qui me demandent des renseignements et auxquels je ne cache rien. Mon rôle à mes yeux est de faire avancer de toutes les manières la recherche archéologique partout où c’est possible (Bretagne, Pays de Loire voire Dordogne quand j’ai le loisir d’y prospecter).

Tout cela maintient au même titre que la joie de fouiller, cet enthousiasme au plus haut niveau, et il en faut pour organiser des conférences régulières avec les efforts que représentent la publicité sur une zone la plus vaste possible, et mener correctement une vie associative où les bonnes volontés deviennent rares… Il me semble que mon interlocuteur est bien placé lui aussi pour le savoir.




propos recueillis pas D. Briand


 






 
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