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Le 4 mars 1782, Jean-Aimé de la Coste, sénéchal, juge ordinaire civil et criminel de la châtellenie d'Angoulins, était requis de se rendre à l'église paroissiale en compagnie du procureur fiscal de ladite châtellenie et d'un greffier ; ils devaient au nom du nouveau seigneur prendre possession du banc seigneurial et mentionner les armes qu'ils y trouveraient. Angoulins venait d'être démembré de Châtelaillon dont les Longueville étaient apanagistes.Henri-Léonard-Jean-Baptiste de Bertin -c'était le nouveau seigneur- comte et baron de Bourdeilles, premier baron de Périgord, comte de Benon, premier baron d'Aunis, seigneur de Brantôme, des maisons nobles autrefois de Périgueux actuellement de Bertin, l'Isle, Bellisle, le Chadeuil, la chapelle-Gonnaguet, Aunesse, Laiguillac, Lacour, Thiviers, Narbonne, Marsenat, Sauriers, Brauseilles, Les Essarts, Angoulins, Chatou, Montesson et autres lieux, était contrôleur des Finances -ministre des Finances- et résidait ordinairement à Chatou, près Versailles. ses armes étaient "d'argent à un sautoir de sinople engrêlé, cantonné de quatre mouchetures d'hermines de sable". Il avait acquis la châtellenie d'Angoulins par arrêt du Conseil du 8 avril 1781 en échange de la concession au Roi de ses droits sur les moëres ou lagunes desséchées de Dunkerque.Le 4 mars 1782 Delacoste vint donc prendre possession des droits honorifiques dus à son seigneur dans l'église d'Angoulins. Le curé Jacob-François Paris, l'assura "qu'il lui rendrait avec plaisir tous les honneurs dus à cette qualité... et à l'instant ledit sieur curé nous a conduit dans le coeur de son église où il nous a fait voir dans la partie gauche de ladite église entre l'autel de la Vierge et la chaire, un banc adossé au mur ayant environ six pieds de long sur deux pieds et demi de large, au dossier duquel banc est une queue ou rétable encadré et d'une structure plus ancienne et plus travaillée que celle du banc et nous a dit que c'était là le banc qui avait toujours été reconnu pour être le banc des seigneurs..."Etant sorti de l'église - par la porte actuelle qui futpercée au XVIIIe siècle - le sénéchal constate qu'audessus de l'ancienne et principale porte d'entrée - celle de la basse église - est "l'écusson des armes de France et que sur les côtés sont deux écussons dont l'un est absolument détruit et l'autre paraît être celui des armes de France écartelées de celles du Dauphin".Henri-Léonard de Bertin ne devait pas jouir longtemps de sa seigneurie d'Angoulins ; en 1791, le 14 décembre, émigré à Aix-la-Chapelle, il cédait pour 10000 livres à son cousin Léonard-Alexis de Bertin quelques terres et son droit de seigneur... Mais la Révolution était en marche et il n'y eut plus de seigneurie à Angoulins.
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