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Dans l'histoire d'une commune les élections municipales de l'année 1831 méritent spécialement d'être étudiées, car c'est une des premières manifestation de la vie d'une commune. Il n'y a pas encore de suffrage universel mais ce sont les plus imposés qui votent : leur nombre est proportionnel à la population. Ainsi Angoulins qui a 750 habitants possède 80 électeurs. Certains, comme Green de Saint-Marsault, de Montbron n'y habitent pas mais y étant imposés ont droit de suffrage et même d'éligibilité ; ils ne viennent d'ailleurs point voter et si parfois leur popularité en fait des élus en plusieurs endroits, ils ne peuvent que choisir car le cumul est interdit.La liste électorale pour Angoulins en 1831 comprend donc 80 noms depuis le notaire Pierre Michelin qui paye 643 francs 14 c. d'impôts jusqu'à François Verron, propriétaire, qui n'en paye que 15, et les officiers de la Garde nationale qui ne sont assujettis à aucun cens. Dix-huit seulement des électeurs payent plus de 100 francs et encore n'habitent-ils pas tous à Angoulins mais y font exploiter leurs terres. Quarante-neuf payent au-dessous de 50 francs, ce sont des sauniers, des marins, des aubergistes, des pêcheurs et de petits propriétaires. Trois meuniers(plus de 100 francs) sont à l'aise ainsi que le boucher (70 francs), mais le boulanger ne paye que 27 francs.Ainsi "le onze septembre 1831 sur les dix heures du matin, les électeurs communaux de la commune d'Angoulins réunis dans la salle de la Mairie en vertu de l'arrêté de M. le Préfet en dat du 30 août présente année... Ouverture du 1er scrutin à onze heures précises. A cette heure a commencé l'appel des électeurs qui, en remettant leur vote, ont prêté individuellement et à haute voix le serment prescrit par la loi du 31 août 1830 et ainsi conçu : Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume.Après l'appel et le réappel et le vote des électeurs présents, le scrutin étant resté ouvert jusqu'à deux heures et demi et ne se présentant plus personne ; le Président a déclaré le scrutin fermé et a fait constater le nombre des votants au moyen de la feuille d'inscription qui a donné pour résultat 49 votants, nombre égal à celui des bulletins déposés. d'après quoi il a fait connaître que la majorité nécessaire pour être élu était de 25 et a procédé immédiatement au dépouillement, deux des scrutateurs et le secrétaire en tenant note sous sa dictée. Le dépouillement terminé, chacun des scrutateurs et le secrétaire ayant fait séparément leur travail se sont trouvés d'accord dans leur résultat, qui est celui qui suit, savoir : MM. Dodet Raymond, 43 voix ; Michelin Pierre, 43 ; Charpentier Jean, 42 ; Massé Pierre-Auguste, 41 ; Chabot Louis, 38 ; Marmet Pierre, 35 ; Ragody Pierre, 34 ; Personnat Claude-François, 32 ; Guenier aîné Pierre, 28... M. le Président a alors proclamé les neuf premiers noms comme étant ceux seuls qui avaient obtenu la majorité voulue.Aussitôt après et à trois heures et un quart le Président a déclaré qu'un second scrutin était ouvert pour nommer les trois conseillers qui doivent compléter le nombre ; il a ajouté que pour ce second tour la majorité des votants n'était point exigée mais que la majorité relative suffisait. Comme au premier tour de scrutin, le Président a fait l'appel et le réappel des électeurs et a attendu jusqu'à 6 heures et un quart, heure à laquelle personne ne se présentant plus, il a déclaré le scrutin fermé. Le nombre des votants, d'après l'état, étant de 34... il a donné pour résultat savoir : MM. Cardinaud-Véron, 26 voix ; Bouet Louis, 18 ; Girard Jean, 14... Fait et clos sur les sept heures du soir et signé séance tenante : Marmet, Ragody, Beulet, Guillaumet, Personnat aîné secrétaire, le maire Massé."Un mois après, sur présentation de deux listes de trois noms par le Conseil municipal, le Préfet choisissait les maire et adjoint. Ce furent Pierre-Auguste Massé, né le 8 août 1774, et Pierre Ragody, né en 1760, qui en acceptèrent les charges.
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